Les consommateurs de vins ne se détournent pas de la catégorie mais arbitrent leurs dépenses avec davantage de discernement.
« Lorsque j’ai rejoint ce secteur il y a dix ans, tout le monde me disait que l’alcool était à l’abri des crises économiques. Aujourd’hui, tout le monde dit que c’est la catégorie la plus sensible aux prix et aux fluctuations de revenus. Au final, c’est laquelle des deux ? » Cette interrogation de Bourcard Nesin, analyste senior en charge du marché des boissons chez Rabobank, illustre bien le dilemme auquel est confrontée la filière vins actuellement. Les consommateurs restent présents dans la catégorie, mais bon nombre d’entre eux achètent moins ou privilégient les flacons les moins coûteux. Reste que, réduire cette tendance aux seules pressions économiques reviendrait à passer à côté d’une mutation bien plus profonde.
Comme l’observe Bourcard Nesin, « Même les ultra-riches sont attentifs au rapport qualité-prix. Peut-être même qu’ils y sont plus attachés que d’autres ». Dans toutes les gammes de prix et au sein de tous les profils démographiques, les consommateurs réévaluent les critères qui justifient l’achat d’un vin.
L’économiste français Eric Giraud-Héraud, dont le livre « La Valeur du Vin » est paru à l’automne dernier, affirme que la perception de la valeur chez les consommateurs a subi un changement de paradigme. « Il existe bon nombre d’éléments que l’on croyait valorisants, comme la complexité aromatique ou le bouquet de vieillissement, qui ne sont plus systématiquement reconnus pour définir et sélectionner un bon vin. Sans compter que des aspirations nouvelles de responsabilité environnementale et de naturalité sont devenues, elles aussi, constitutives de la valorisation… Il reste que la valorisation d’un...
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