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Cinq façons dont la démographie influence la consommation d’alcool

Laurence Whyatt, auteur principal du rapport Future of Global Alcohol de Barclays Investment Bank, explique comment la démographie influence la consommation mondiale d’alcool. Plusieurs institutions financières, dont Rabobank et BMO Capital Markets, ont récemment publié des analyses sur l’état des marchés de l’alcool et du vin. Le plus complet d’entre eux, Future of Global Alcohol de Barclays Investment Bank, a été réalisé pour ses clients privés et n’est pas accessible au public.
Article - 26 août 2025

Pauline Vicard Areni Global Pauline Vicard ©Areni Gobal

Areni Global s’est entretenu avec Laurence Whyatt, auteur principal du rapport et responsable de la recherche sur les boissons en Europe chez Barclays. Analyste incisif et bon communicant, il a identifié cinq façons dont la démographie influence la consommation mondiale d’alcool.

1. La démographie, c’est le destin

Pour Barclays, la démographie est un indicateur clé : « Plus il y a de monde, plus il y a de consommateurs potentiels », résume Whyatt. La banque a construit une base de données en croisant les chiffres de l’ONU avec des données économiques et sectorielles, ce qui a permis d’observer comment les changements démographiques expliquent en grande partie les variations de volumes d’alcool vendus.

En Chine, la population jeune recule depuis plus de dix ans. Les projections montrent qu’elle pourrait chuter d’un quart d’ici 2035, ce qui menace la croissance de produits comme le cognac ou le whisky écossais. Résultat : la consommation d’alcool y a déjà été divisée par deux par habitant depuis 2015 pour les spiritueux, et la bière recule de 20 % depuis 2013.

2. Un groupe d’âge clé

Les 25-40 ans sont le cœur du marché : ce sont eux qui consomment le plus et qui travaillent. Dans les pays d’Europe de l’Ouest, leur nombre diminue à cause de la baisse de la natalité, ce qui pèse sur la consommation par habitant.

 

Plusieurs bonhommes en papier dans plusieurs couleurs. @Adobe Stock

3. Les États-Unis conservent le cap

Les États-Unis offrent des données abondantes, permettant de remonter jusqu’à la Prohibition. Mis à part deux périodes de baisse (après la Seconde Guerre mondiale et à la fin des années 1970 avec l’instauration de l’âge légal à 21 ans), la consommation a globalement augmenté. Si les jeunes de moins de 21 ans boivent moins depuis 2010, les 21-30 ans consomment autant qu’avant. Les Américains atteignent leur pic de consommation à 21 ans, qui reste stable jusqu’à 40-45 ans, puis décline. Whyatt reste optimiste pour ce marché, soutenu par une économie en croissance.

4. Le ratio hommes/femmes compte

Peu importe le pays : plus il y a d’hommes que de femmes, plus la dépense en alcool premium est élevée. Les spiritueux haut de gamme, comme le cognac ou le whisky, sont davantage consommés par les hommes, qui boivent aussi en moyenne trois à quatre fois plus que les femmes. Cependant, aux États-Unis, la croissance vient plutôt des consommatrices.

5. Où sera la croissance

Dans la tranche de 25-40 ans, les prévisions à 10 ans sont négatives pour le Royaume-Uni (-1 %), l’Allemagne (-11 %), l’Espagne (-8 %), l’Italie (-6 %) et la France (-2 %). En revanche, l’Argentine, l’Inde et surtout l’Afrique affichent un fort potentiel. L’Éthiopie et le Nigeria devraient voir leur population jeune augmenter de plus de 30 %, offrant de nouvelles opportunités, notamment pour la bière. Le vin mettra plus de temps à s’implanter, mais l’Afrique pourrait devenir un marché clé d’ici quelques décennies.

A propos d’ARENI GLOBAL :

Areni Global est la principale organisation dédiée aux enjeux stratégiques du vin haut de gamme. Elle produit études, rapports de marché, articles et podcasts, et encourage la collaboration et la croissance durable du secteur.