Rendez-vous avec Gabrielle Vizzavona

Interview Start-up – Kol, l’application qui veut devenir le leader de l’apéritif

Par Gabrielle Vizzavona

La start-up Kol est fondée en 2016 par deux anciens financiers, Baptiste Guez et Pierre Nicolet. Depuis août 2019, le groupe Coca-Cola détient 25 % de son capital. Via son application, Kol propose à sa clientèle parisienne une livraison de vins et spiritueux en une demi-heure et un envoi en 48 h dans toute la France. À cela s’ajoute une activité B To B qui représente 35 % de son chiffre d’affaires.

Gabrielle Vizzavona : Comment vous est venue l’idée de créer Kol ?

Kol : C’était au moment de l’émergence d’Uber Eats et de Deliveroo. L’offre de boissons manquait sur ces plateformes et nous avons voulu tenter notre chance. Contrairement à elles, nous avons pris le parti d’internaliser nos références plutôt que de devenir l’intermédiaire des cavistes. C’est un modèle plus lourd, car nous constituons des stocks que nous conservons dans notre entrepôt, mais il est plus efficace, car il nous permet de garder le contrôle sur la chaine de valeur : nous fixons nos prix et maîtrisons notre logistique en choisissant l’amplitude horaire la plus adaptée.

GV : Sur quels critères choisissez-vous les références de vins et spiritueux que vous proposez ?

K : Un expert s’occupe de la sélection vins et spiritueux. Certains domaines nous contactent aussi directement pour accéder à ce nouveau canal de distribution, et ce d’autant plus depuis le premier confinement. Tous les produits sont ensuite dégustés par les équipes — connaisseurs comme néophytes — en suivant 3 critères : la qualité, le rapport qualité/prix et le visuel. L’idée est d’avoir un spectre d’une quinzaine de références par couleur pour les vins et d’une centaine de spiritueux. Nos tarifs oscillent entre 6,90 euros à 670 euros la bouteille, pour un prix moyen d’une vingtaine d’euros.

GV : Comment la consommation a-t-elle changé depuis la crise sanitaire ?

K : Les changements ont concerné la typologie de nos clients comme leurs habitudes. Ceux-ci commandent beaucoup plus tôt. Nous nous sommes réadaptés très vite à ces nouveaux horaires de livraison en passant d’un créneau de livraison de 18 h à 3 h du matin avant le confinement à un créneau de 14 h à 22 h. Nous sommes plus présents au moment de l’apéritif ou du diner, alors qu’auparavant nous étions plus concentrés sur une consommation festive. Notre clientèle est plus âgée ; des amateurs épicuriens de plus de 30 ans qui choisissent des produits de meilleure qualité. La demande s’est réorganisée en faveur du vin (nos ventes ont doublé), des bières artisanales et de spiritueux plus rares, orientés sur la dégustation plus que sur la fête. Cela s’accompagne d’une hausse de 5 euros du panier moyen, qui se situe aujourd’hui autour de 45 euros.

GV : Ces nouvelles habitudes vont-elles subsister après la crise ?

K : Les habitudes de consommation qui ont été prises vont rester.

GV : Plus généralement, comment voyez-vous évoluer la demande ?

K : Les gens sont plus rigoureux concernant ce qu’ils boivent et sont prêts à dépenser plus. L’aspect calorifique et santé est primordial, tout comme les labels de certification.

GV : Quels sont vos projets de développement ?

K : Nous aimerions devenir le leader de l’apéritif, le créneau de consommation favorisé aujourd’hui, en proposant en complément de notre offre boissons des produits de snacking et d’épicerie de qualité. Nous avons aussi lancé un nouveau produit après avoir observé le marché américain et l’apparition de la catégorie des « Hard Seltzer », des eaux gazeuses alcoolisées issues de la fermentation. Elle a connu une croissance fulgurante ces deux dernières années et représente actuellement un marché de 500 millions d’euros. Nommée « walter », notre eau alcoolisée bio, végane et sans gluten, est proposée en deux goûts — cactus hibiscus et citron gingembre —, titre à 3,9 degrés et compte 70 calories seulement. C’est un succès phénoménal aux États-Unis, nous verrons si le marché français réagit de la même façon !

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